Introspection

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A mon moi du futur, à celle que je vais devenir au moment où je relirais ces mots, regarde le chemin que tu as déjà parcouru jusqu’à ce moment. Le temps guéri les blessures les plus profondes, rien ne pourra te soulager plus efficacement que les jours qui passent, pense à celle que tu étais il y a quelques jours, semaines, mois, années… et à celle que tu es devenue maintenant.

J’ai une colère en moi que je n’arrive pas à calmer. Une tempête qui tourne en boucle dans mon esprit, une déception constante. Trop difficile de pardonner si la colère persiste. Et on m’a dit que le pardon est indispensable pour accéder au bonheur.

Un jour viendra où je serais prête à pardonner. Mais en attendant je ne peux qu’essayer d’avancer.

Le vide que j’ai toujours en moi ne se rempli pas, j’ai l’impression d’en être toujours au même point. Mais c’est faux, et ça je le sais en relisant mes propres mots. Comme si c’était une autre personne qui les avait écris.

Tout ce qui m’entoure, tout ce que je vois, ce que j’entends, ce que je touche, ce que je sens, me ramène systématiquement à lui.

Il hante mes pensées la nuit, il plane au dessus de moi le jour.

Je déteste l’aimer à en mourir.

 

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L’éternel recommencement.

C’est pourtant vrai, tout se répète dans ma vie. J’ai l’impression de rester bloquée au bout de trois ans dans chacune de mes relations. Comme une malédiction.

Aujourd’hui il n’y a plus que mon Bébé Ours et moi. La solitude pèse et le temps manque. J’ai encore le cœur divisé en deux. Une de ces deux parties veut passer à autre chose, oublier Papa Ours, aller de l’avant, recommencer, encore… La deuxième partie veut s’accrocher quoiqu’il arrive à cet amour que je n’ai plus, à ce couple qui n’existe plus. Est-ce que je me suis suffisamment battue, est-ce que j’ai baissé les bras trop vite ? Est-ce que c’est vrai qu’il ne me rendra jamais heureuse ? Est-ce qu’il reviendra ? S’il revient est-ce que je le reprendrais ?

40 000 questions à la seconde.

 

Toujours cette impression de me faire avoir, de recommencer à zéro à chaque fois, et me rendre compte au bout de trois ans que c’était la mauvaise personne…

Sauf que cette fois-ci c’est différent. C’est pire, plus douloureux, plus long, plus compliqué. Je ne peux pas le sortir simplement de ma vie comme je pouvais le faire. Il en fera partie à tout jamais. Comme une ombre au dessus de moi.

Je ne sais plus…

La vie et ses changements

Nul besoin de vous le dire, la vie est faite de rebondissements, des changements qu’on décide ou pas, des choix et des événements, des phrases qui nous arrivent au visage comme une claque.

J’ai longtemps pensé que le modèle de mes parents toujours ensemble et mariés depuis plus de 30 ans, serait le rythme de vie que je suivrais.

Et pourtant les choses en sont aujourd’hui autrement. Impossible de contrôler ça.

La peur. La peur de voir tout ce qu’on a construit réduit au néant. La peur d’être vraiment seule, de ne pas avoir le choix, d’assumer toutes les responsabilités soi-même.

Tu ne peux plus compter sur personne d’autre que toi-même.

Aucune idée de la façon dont l’avenir va se construire. Plus aucun projet, plus d’ambition, plus de plan pour le futur. Tout se remet en question.

Il a rencontré quelqu’un d’autre. J’ai le mauvais rôle, le droit de rester à la maison à m’occuper toutes les semaines de notre enfant. NOTRE enfant, même ça, n’a plus aucun sens, son enfant, mon enfant, mais certainement plus le notre.

La solitude mène à des images qui s’affichent dans mon esprit comme des images subliminales, on ne te laisse pas le choix, tu y penses sans même t’en rendre compte. Les nuits sont courtes, le temps est long, j’en suis malade. Mal au ventre dès qu’il passe le pas de la porte d’entrée. Mal au ventre toute la semaine quand je sais que je le croiserais le week-end, mal au ventre quand il passe chercher des affaires et qu’une silhouette de femme apparaît dans sa voiture.

Et pourtant il faut être plus forte, plus solide, je dois garder la tête haute pour mon fils. Pour son fils.

Envie de le voir, et surtout pas envie de le croiser. Envie qu’il revienne, surtout pas envie qu’on se remette ensemble. Envie qu’il souffre mais envie qu’il soit heureux. Envie de revenir en arrière et envie d’avancer. Envie de l’appeler, pas du tout envie de lui parler.

Tout se mélange et tout est contradictoire.

 

Envie de rien.

This is the end.

Toutes les bonnes choses ont une fin.

Papa Ours et Maman Ourse se séparent, une famille déchirée en deux.

Pourquoi ? La parentalité a eu raison de notre couple ? Est-ce que ça n’a rien à voir ? Avec ou sans Bébé Ours, la séparation aurait eu lieu. Mais je l’aurais vécu différemment. Ma conception de la famille est sacrée, j’ai du mal à accepter la situation, mon cœur est brisé, j’étais prête à tous les sacrifices pour sauver ma famille du chaos dans lequel elle est plongée aujourd’hui. Un immense vide, une plaie ouverte, il ne m’aime plus.

L’impression d’avoir été utilisée pour son objectif de devenir père avant 30 ans. Deux étrangers incapables de communiquer normalement, obligée de lui montrer une partie de moi que je voulais cacher.

Tu te secoues, tu n’es plus une adolescente qui a le droit de larmoyer dans son lit en écoutant des chansons tristes… Tu es une adulte, responsable d’un autre être humain, il faut aller de l’avant, tu dois tenir le coup. Ne lui montres pas tes faiblesses. Tu es forte.

Et pourtant j’ai du mal à réaliser ce qu’il m’arrive, je n’arrive pas à imaginer à quoi va ressembler ma vie. C’est un cauchemar et je vais me réveiller ?

Je voudrais qu’il voit ce qu’il perd, qu’il se rende compte que ce que je suis prête à faire, personne d’autre ne le ferait pour lui. J’ai tellement de colère en moi, de tristesse et de regrets.

Regret de l’avoir rencontré, regret de lui avoir laissé une chance, de lui avoir fait confiance, regret de l’avoir laissé me convaincre qu’on était prêts à être des parents. Regrets d’avoir pu imaginer qu’il n’était pas comme les autres. Il m’abandonne aujourd’hui sans même se battre, sans même essayer de faire en sorte que ça marche.

Il nous abandonne, veut vivre sa vie de père célibataire, veut vivre ailleurs que dans le foyer que nous étions en train de construire. Tout abandonner pour ses propres choix et ses propres envies.

Comment savoir ce que l’on désire vraiment lorsque tout ce que l’on a toujours voulu s’évapore en fragments de vie sans qu’on puisse faire quoique ce soit ? Comment savoir si on sera plus heureux séparés qu’en couple ? Le temps, j’imagine que c’est ça la réponse à toutes mes questions.

Plus envie de rien, plus goût à rien. Une perte de confiance en soi, un choc émotionnel, une vie brisée… Et lui ne ressent rien. Pas la moindre peine, pas la moindre souffrance, pas le moindre regret, pas le moindre remord.

Le chemin va être long avant d’atteindre la rémission. Comme une cicatrisation longue et douloureuse, une route sinueuse et semée d’obstacles. Retour à la case départ, comme si c’était une fatalité. Moi qui me croyais tirée d’affaire, me voilà de retour sur le marché des célibataires, sur le banc des filles à marier. L’achèvement de la vie de chaque être humain selon la société dans laquelle on vit, trouver sa moitié et construire sa vie autour de projets communs. Ou rester seule pour le restant de ma vie. Seule, ou presque. Avec ce petit bout d’homme qui compte tellement sur moi.

Jour après jour, en vivant sous le même toit, il s’enfuit, m’évite, m’impose ce vide infini, me laisse face à moi-même. Avec mes doutes, mes questions, mes craintes, ma souffrance…

Il emmène notre enfant sans que je sache où. Qu’est-ce qu’il fait ? Avec qui il le fait ? Et pourquoi ? Est-ce que ma vie sera plus simple quand il aura quitté notre foyer ?

Est-ce que j’étais prête ? Une chose est sûre, je ne l’étais pas.

Passage du permis moto.

11 mai 2017. 5 mois de grossesse.

J’ai décidé de passer le permis moto, dans mon état.

Ouuuuh j’entends déjà les inquiétudes : Ce n’est pas raisonnable ! Et si tu tombais ? Mais tu es folle ?

Oui sauf que je ne suis pas folle, je ne suis pas déraisonnable, et je n’ai pas l’intention de tomber.

Si je devais vraiment éviter tout danger, autant rester enfermée chez moi ! Qui me dit que je ne me ferais pas renverser à pied ?

Papa Ours n’a rien contre. Si je m’en sens capable c’est que je peux y arriver.

Lui aussi est motard, c’est d’ailleurs vraiment agréable de partager ma vie avec quelqu’un qui a la même passion que moi !
Je suis grande passionnée de moto depuis toute petite (merci papa), et j’ai eu du mal à trouver le moment, réunir les moyens financiers, etc.
Alors dès que possible j’ai commencé le plateau (code encore valable), puis après la validation de celui-ci (premier coup ouf !) en juin 2016, j’ai décidé de mettre ce permis de côté afin de trouver les moyens qu’il manquait pour le terminer !
C’est à ce moment là que je suis tombée enceinte. Du coup, un beau jour, je me suis aperçue que mon code allait perdre sa validité… fin mai !
J’ai donc foncé à l’auto-école et à ma grande surprise, sauf avis contraire de mon médecin, ils étaient d’accord pour que je passe la circulation.
Je l’ai réussi ! Tout s’est passé à merveille, mon ventre ne se voit presque pas sous le blouson de moto. Je suis donc officiellement une jeune motarde !

Bon tout ça pour dire, que malgré le potentiel danger qu’il peut y avoir quand on est sur une moto, je préfère vivre dangereusement ma passion que vivre en sécurité et malheureuse ! Et puis une maman malheureuse, bah ça fait un bébé malheureux au final…

Siège et césarienne

3 août 2017. 8 mois de grossesse.

Aujourd’hui, une césarienne a été programmée. Notre bébé Ours est en position de siège et nous avons décidé avec Papa Ours de ne pas essayer de Version par Manœuvre Externe (sorte de manipulation pour le retourner), ni l’accouchement par voix basse (en siège, bien plus compliqué qu’un accouchement « normal »).

Pour tout vous dire, puisque je vous dit tout, c’est un peu un soulagement. La césarienne est prévue le 28 août, donc je grappille deux semaines avant le terme…

Est-ce que je devrais me sentir coupable ? Je ne pense pas. Sa santé n’est pas mise en danger, une césarienne programmée a très peu de risque de mal se dérouler.

En France, une grossesse sur cinq se termine en césarienne.

Je vis une grossesse que les médecins appellent vulgairement « pathologique ». C’est à dire une grossesse à problèmes. J’ai l’impression d’enchaîner les mauvaises nouvelles, et que la seule façon de m’en sortir, c’est d’accoucher. C’est aussi la seule façon pour que mon fils soit hors de danger.

On a l’impression que notre corps ne nous appartient plus vraiment. Les gens le touchent sans prendre la peine de vous demander la permission, les médecins l’examinent et l’auscultent mécaniquement… Et le pire je crois, c’est qu’il est tellement différent de votre corps d’avant, que la seule personne qui n’ose pas le regarder… c’est vous-même.

Et pourtant ce corps abrite la plus belle chose que vous n’ayez jamais cru pouvoir réussir dans votre vie. Vous avez créé un être humain, là, bien au chaud sous votre nombril. Il a vécu avec vous durant 9 longs mois, il a partagé vos repas, a entendu ce que vous entendiez, a ressenti vos peines et vos joies, et tout ça sans même que vous ne le connaissiez vraiment.

Parce que finalement, rien de tout ce que vous attendez ne se passe exactement comme vous l’attendiez ! La preuve, tant d’épreuves à surmonter, personne n’aurai pu prévoir tout ça.

Se préparer à toute éventualité, tout en s’autorisant à s’attacher à son enfant. Là est la difficulté de la maternité.

Diabète gestationnel.

5 juin 2017. 6 mois de grossesse.

Encore un coup dur. La semaine dernière, j’ai eu droit au test de dépistage du diabète.

En gros le matin, à jeun, tu te pointes au labo, ils te font ingurgiter une bonne grosse dose de sirop très très sucré, un peu écœurant, mais moins que ce qu’on m’avait dit. Ils te piquent juste avant, puis une heure après, puis deux heures après.

Bon, du coup je crois que mon corps n’élimine pas bien le sucre que je mange. Non pas que j’en abuse, mais ça peut arriver à n’importe qui il parait…

La suite ? Je suis au régime. Mais le vrai de vrai, celui que tu es obligé de faire, combiné au sport, il évitera que tu fasses un bébé prématuré, un bébé trop gros, un bébé en mauvaise santé. Il évitera aussi que tu fasses du diabète après l’accouchement, que tu sois beaucoup trop fatigué, que tu prennes trop de poids…

Ouais, le jour où tu met ton enfant au monde, ta glycémie normalement, si tu as bien suivi ton régime et tout, il est censé redevenir normal…

En attendant ça évite de grossir. Au final je n’aurai pris que 12 kg, les 5 premiers mois. Et ensuite plus rien. Pas un gramme de plus. C’est l’avantage… Le seul.