Passage du permis moto.

11 mai 2017. 5 mois de grossesse.

J’ai décidé de passer le permis moto, dans mon état.

Ouuuuh j’entends déjà les inquiétudes : Ce n’est pas raisonnable ! Et si tu tombais ? Mais tu es folle ?

Oui sauf que je ne suis pas folle, je ne suis pas déraisonnable, et je n’ai pas l’intention de tomber.

Si je devais vraiment éviter tout danger, autant rester enfermée chez moi ! Qui me dit que je ne me ferais pas renverser à pied ?

Papa Ours n’a rien contre. Si je m’en sens capable c’est que je peux y arriver.

Lui aussi est motard, c’est d’ailleurs vraiment agréable de partager ma vie avec quelqu’un qui a la même passion que moi !
Je suis grande passionnée de moto depuis toute petite (merci papa), et j’ai eu du mal à trouver le moment, réunir les moyens financiers, etc.
Alors dès que possible j’ai commencé le plateau (code encore valable), puis après la validation de celui-ci (premier coup ouf !) en juin 2016, j’ai décidé de mettre ce permis de côté afin de trouver les moyens qu’il manquait pour le terminer !
C’est à ce moment là que je suis tombée enceinte. Du coup, un beau jour, je me suis aperçue que mon code allait perdre sa validité… fin mai !
J’ai donc foncé à l’auto-école et à ma grande surprise, sauf avis contraire de mon médecin, ils étaient d’accord pour que je passe la circulation.
Je l’ai réussi ! Tout s’est passé à merveille, mon ventre ne se voit presque pas sous le blouson de moto. Je suis donc officiellement une jeune motarde !

Bon tout ça pour dire, que malgré le potentiel danger qu’il peut y avoir quand on est sur une moto, je préfère vivre dangereusement ma passion que vivre en sécurité et malheureuse ! Et puis une maman malheureuse, bah ça fait un bébé malheureux au final…

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Siège et césarienne

3 août 2017. 8 mois de grossesse.

Aujourd’hui, une césarienne a été programmée. Notre bébé Ours est en position de siège et nous avons décidé avec Papa Ours de ne pas essayer de Version par Manœuvre Externe (sorte de manipulation pour le retourner), ni l’accouchement par voix basse (en siège, bien plus compliqué qu’un accouchement « normal »).

Pour tout vous dire, puisque je vous dit tout, c’est un peu un soulagement. La césarienne est prévue le 28 août, donc je grappille deux semaines avant le terme…

Est-ce que je devrais me sentir coupable ? Je ne pense pas. Sa santé n’est pas mise en danger, une césarienne programmée a très peu de risque de mal se dérouler.

En France, une grossesse sur cinq se termine en césarienne.

Je vis une grossesse que les médecins appellent vulgairement « pathologique ». C’est à dire une grossesse à problèmes. J’ai l’impression d’enchaîner les mauvaises nouvelles, et que la seule façon de m’en sortir, c’est d’accoucher. C’est aussi la seule façon pour que mon fils soit hors de danger.

On a l’impression que notre corps ne nous appartient plus vraiment. Les gens le touchent sans prendre la peine de vous demander la permission, les médecins l’examinent et l’auscultent mécaniquement… Et le pire je crois, c’est qu’il est tellement différent de votre corps d’avant, que la seule personne qui n’ose pas le regarder… c’est vous-même.

Et pourtant ce corps abrite la plus belle chose que vous n’ayez jamais cru pouvoir réussir dans votre vie. Vous avez créé un être humain, là, bien au chaud sous votre nombril. Il a vécu avec vous durant 9 longs mois, il a partagé vos repas, a entendu ce que vous entendiez, a ressenti vos peines et vos joies, et tout ça sans même que vous ne le connaissiez vraiment.

Parce que finalement, rien de tout ce que vous attendez ne se passe exactement comme vous l’attendiez ! La preuve, tant d’épreuves à surmonter, personne n’aurai pu prévoir tout ça.

Se préparer à toute éventualité, tout en s’autorisant à s’attacher à son enfant. Là est la difficulté de la maternité.

Diabète gestationnel.

5 juin 2017. 6 mois de grossesse.

Encore un coup dur. La semaine dernière, j’ai eu droit au test de dépistage du diabète.

En gros le matin, à jeun, tu te pointes au labo, ils te font ingurgiter une bonne grosse dose de sirop très très sucré, un peu écœurant, mais moins que ce qu’on m’avait dit. Ils te piquent juste avant, puis une heure après, puis deux heures après.

Bon, du coup je crois que mon corps n’élimine pas bien le sucre que je mange. Non pas que j’en abuse, mais ça peut arriver à n’importe qui il parait…

La suite ? Je suis au régime. Mais le vrai de vrai, celui que tu es obligé de faire, combiné au sport, il évitera que tu fasses un bébé prématuré, un bébé trop gros, un bébé en mauvaise santé. Il évitera aussi que tu fasses du diabète après l’accouchement, que tu sois beaucoup trop fatigué, que tu prennes trop de poids…

Ouais, le jour où tu met ton enfant au monde, ta glycémie normalement, si tu as bien suivi ton régime et tout, il est censé redevenir normal…

En attendant ça évite de grossir. Au final je n’aurai pris que 12 kg, les 5 premiers mois. Et ensuite plus rien. Pas un gramme de plus. C’est l’avantage… Le seul.

Clarté nucale et amniocentèse.

24 février 2017. Presque 3 mois de grossesse.

Le jour de la première échographie, Papa Ours a pu se libérer et m’accompagner, avec Tata Ourse, et nous sommes donc allés tous les trois au rendez-vous.

Toute nerveuse et anxieuse que je suis d’habitude, j’étais cette fois-ci d’une tranquillité surprenante…

Ce jour marquait la première rencontre avec ce petit être. Et pourtant, ce moment supposé être magique allait mal se terminer.

Le verdict tombe, sorti de la bouche de notre échographiste. « Sa clarté nucale est épaisse » a-t-elle annoncé, inquiète. La clarté nucale ? Kécecéça ? C’est une petite zone au niveau de la nuque du fœtus, et sa mesure sert à détecter un potentiel risque de trisomie.

Silence.

L’échographiste continue, l’air de rien, son exploration de l’intérieur de mon utérus.

Soudain Papa Ours, tout pâle, se lève et sort. « Je reviens ». Et moi je reste là, le ventre à l’air, sur lequel on avait étalé du gel, à essayer de suivre les gestes technique du médecin. J’ai su plus tard qu’il avait vomi. Gastro aïgue avait dit le médecin à domicile. Je me suis toujours demandée s’il en existait des « graves ». C’est le seul rendez-vous auquel il a assisté.

Elle a donc mesuré la nuque, puis le corps de la tête jusqu’aux fesses. Il fallait faire un rapport entre ces deux mesures pour avoir un résultat.

Inutile de vous dire que les jours qui passaient en attendant les résultats de ce qu’ils appellent « amniocentèse » étaient interminables. Et si il était mal-formé ? Et si il avait un défaut de chromosome ? La décision qui aurait pu s’imposer à nous était la seule chose que j’avais en tête.

Ils te prélèvent un peu du liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus, et ils établissent le caryotype de ta progéniture. Je connaîtrai ainsi le chromosome sexuel de mon fœtus, c’est un des seuls côtés positifs. Tata Ourse était là ce jour-là. Comme une grosse piqûre dans l’abdomen, douleur sur le coup, puis ressentie pendant les deux jours suivants.

Papa Ours est sur la route toute la semaine. Depuis peu il passe les frontières du pays, il part de plus en plus loin, il voit de nouvelles choses. Il est très occupé. Encore moins présent aux examens. Mais tellement heureux… Forcément, ça compense.

Le matin des résultats, je l’ai attendu comme jamais je n’avais attendu un résultat.

Je devais initialement me rendre à l’hôpital à 15h l’après-midi. Mais alors que j’étais sous la douche, j’entendais mon téléphone sonner. Comme on ne sait jamais, je suis sortie de ma douche avant même de me rincer pour répondre. Puisque les résultats étaient bons, il était inutile que je me déplace.

Soulagement.

La suite ? Un suivi plus poussé, des échographies tous les mois, une surveillance un peu plus importante de l’évolution du fœtus. Du bébé. De mon fils.